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VDN :Le terrain de foot, pas à la hauteur de l’événement

5 janvier 2016 - 09:41

La pelouse du stade Gaston-Bonnet, pour le match de Coupe de France contre Boulogne, dimanche, était parsemée de flaques et de bourbiers. Il lui faudrait un traitement sérieux pour affronter de prochains grands rendez-vous, par exemple pour l’entraînement d’équipes de l’Euro.

Sûr que s’il s’était agi d’un match de championnat, la rencontre de dimanche soir au stade Gaston-Bonnet à Saint-Omer aurait été remise. Mais les arbitres ont la consigne de ne remettre qu’en cas de nécessité absolue. Même si les risques de blessures sont plus importants avec des joueurs qui ont du mal à s’arrêter.

Pour beaucoup d’observateurs et de joueurs, la pelouse n’était pas praticable, parsemée de flaques et de bourbiers dès le coup d’envoi et présentant rapidement des estafilades consécutives à des glissades et un cloaque généralisé devant les buts.

« Deux équipes dans la même situation »

« Les conditions étaient très difficiles, on était à la limite du praticable. Mais les deux équipes étaient dans la même situation », retient Jérôme Dutitre, l’entraîneur audomarois. Notamment dans L’Équipe, des joueurs boulonnais ont estimé que le match aurait dû être remis.

« Ça me tient à cœur, l’état de la pelouse », lâchait, dépité, lundi, Michel Debas, qui s’occupe du complexe sportif. Depuis plusieurs années, il tient le même discours qui s’articule autour de trois points. D’abord, la situation du terrain, en zone basse. Ce qui s’est aggravé avec la réalisation de nouveaux terrains en hauteur qui ont entraîné un ruissellement.

Le pâturin naturel comme bête noire

Vient ensuite la bête noire des responsables de terrains de sports : le pâturin naturel. Cette graminée apporte une belle touche de vert, certes, mais elle ne s’enracine que superficiellement et donc se décolle facilement. Sans compter que cette espèce restreint le développement du bon gazon.

Troisième point : un drainage uniquement en profondeur qui accuse le poids des ans et qui devrait être complété par un drainage moins profond et plus dense.

La situation n’est pas désespérée car « il y a un bon soubassement ». Mais il faudrait entreprendre des travaux pour éliminer le pâturin naturel et poser du drainage. Michel Debas se demande si le terrain pourra être proposé à des équipes qui viendront s’entraîner avant l’Euro.

«Pas être déçu pendant dix ans»

Au lendemain du match, Jérôme Dutitre était encore animé par des sentiments de «déception et de frustration. On fait une bonne deuxième période ainsi que les prolongations. Les tirs au but, c’est la loterie ».

Mais l’entraîneur audomarois se projetait déjà dans le futur : « On ne va pas être déçu pendant dix ans. On a pu sortir la tête haute car nous étions invaincus. Il faut désormais penser à l’avenir. Il faut se rappeler que le premier objectif, c’est le championnat où on n’a pas toujours été à la hauteur de ce qu’on pouvait espérer. La Coupe de France, c’était le deuxième objectif ».

Jérôme Dutitre veut engranger les effets positifs de la Coupe de France pour le reste de la saison. « Certes, on part de loin. Rien n’est joué même si, c’est vrai, ce sera difficile avec Dunkerque loin devant. Mathématiquement, rien n’est fait ». L’entraîneur audomarois prend en exemple le parcours de Chambly, actuellement en National, et qui avait gagné son championnat de division Honneur de Picardie en étant à la traîne à mi-parcours.

Sans nier « la qualité des adversaires, si on joue à notre niveau, en ne se montrant pas suffisants comme certains ont pu l’être en début de compétition, on doit aller le plus loin possible en conservant la confiance, la solidarité et la dynamique dont nous avons fait preuve ».

Lendemain de fête teinté d’amertume

Chez les amateurs, tout le monde met la main à la pâte.

Lundi matin, le stade Gaston-Bonnet faisait un peu penser à un lendemain de kermesse avec le démontage de chapiteaux.

Les bénévoles étaient encore sollicités. Certains avaient pris congé, comme Pascal Fériau, le président de l’USSO. Anthony Bodelle aussi était là, lui qui, la veille, gardait les buts de Saint-Omer. C’est ça le football amateur.

On devisait dans une ambiance partagée entre lendemain de fête et belle aventure qui s’est terminée sur un coup de dés. « Nous avons disputé notre quatrième trente-deuxième de finale en six ans, retenait Pascal Fériau, mais sans avoir rencontré une Ligue 1. »

« On est un peu l’équipe d’Arsenal de la région », ajoutait en riant un autre bénévole.

« On est invaincu depuis au moins six matches. Contre Boulogne, on est battu sans perdre », commentait Jean-Claude Brodel.

 

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